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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 04:09

Au dessus de l’atlantique

J’ai laissé mon bouquin pendant quelques instants pour réfléchir à ce qui nous attend. Nous sommes dans les airs au dessus de l’Atlantique et je ne peux me détacher de l’impatience d’atterrir qui m’empêche de me détendre. Je ne suis pas sûr que le seul fait d’enfourcher la moto soit la seule raison de cette hâte. Pourtant je m’y vois déjà.

La route 66 quitte Chicago et s’élance sur un parcours de 4000 kilomètres environ, dans une traversée de 8 états avant d’atteindre Los Angeles. Nous ne devons en parcourir qu’une petite portion, entre Amarillo, Texas ("The lone star state") et Flagstaff, Arizona ("The Grand Canyon State"), la quittant pour s’imprégner alors en Utah ("Beehive State"), au Nouveau-Mexique (" the land of the enchantement ") et au Colorado ("The Centennial State"), de la magie que portent les plus célèbres paysages des Etats-Unis, peut-être même du monde  avant de terminer notre périple à Las Vegas, au Nevada ("Silver State") ! Cinq états tout de même ! Et tout en Harley ! Ce n’est pas seulement un voyage géographique. Il est tout autant historique, même si la période concernée est relativement courte. Par sa richesse en évènements et en symboles, elle nous est très proche, question de culture. L’impérialisme américain se niche partout. Pensez donc ! Entre les guerres indiennes, la guerre de sécession, la légende et la réalité de la conquête de l’ouest, quel voyage !

C’est tout cela que promet ce petit séjour, si toutefois notre avion arrive à destination. Après les accidents récents des airbus et bien que nous soyons à bord d’un Boeing, nous pensons fatalement à… une autre issue… fatale. Avec un tel programme, ce serait quand même dommage !

On a quitté Roissy ce matin un peu avant midi. Nous arriverons en principe un peu au delà de 15 heures. Le temps de sortir, de récupérer nos montures et de rejoindre le quartier d’Irving où se trouve notre hôtel où nous dînerons, pas mal d’heures se seront écoulées… Je me demande dans quel état nous serons. Il faut à tout prix que je dorme un peu.

Nos montures

J’ai toujours piloté des japonaises, sans vraiment les apprécier. Je n’ai aucune velléité d’établir des records de vitesse. Ce que j’aime dans la moto, c’est le souffle d’air qui baigne mon visage, les odeurs qui se mêlent sans cesse et l’absence de tout ce qui pourrait gêner la contemplation du paysage. Pour des raisons évidentes de maniabilité indispensables à la conduite parisienne, mes japonaises ont toujours été le choix incontournable. Je vais donc sans doute être comblé, pour la première fois de ma vie. L’Harley, avec son confort, sa conduite toute en douceur, devrait me convenir en tout point. Encore faut-il voir l’engin, où plutôt le modèle…

En principe, nous avons le choix entre l’Electra Glide, genre paquebot de croisière, la Softail Heritage classic, une Harley plus dans l’esprit des anglaises et enfin une Road King, une Harley version californienne. Vu que nous sommes deux, je pense qu’on nous attribuera la première.

l’Electra Glide, est une Mercedes de la route malgré quelques vibrations dues au Twin Cam. Quant au grondement, il participe à la sensation de sécurité qu’apporte un fauve de compagnie. Mon seul souci est de tester son comportement ailleurs que sur les « highways ». Pourvu que les tronçons de la 66 soient carrossés !

La Softail Heritage classic est une Harley moins gros cube. Pas de vibrations, et le moteur à la hauteur d’une machine particulièrement agréable sur petites routes. Il n’est pas nécessaire en effet de rétrograder à l'entrée d'un virage, ni de passer le rapport supérieur à sa sortie, le gros couple du moteur permet de jouer simplement avec le volume des gaz. Plus légère, sera-t-elle suffisante pour nous deux, d’autant que le siège arrière est ridicule. Faire plus de 3000 kilomètres dessus est réservé aux culs tanés de cow-boys endurcis. Marie Claude n’est pas de ce genre !

La Road King, enfin, est une reine de la route. Confortable à souhait, douée d'un caractère bien trempé et à l’aise quelque soit la route. L’idéal peut-être sauf que là aussi, le passager risque de s’y échauffer le derrière.

Je n'ai aucun idée de l'heure. Il doit rester tout au plus 2 à 3 heures de vol. Pour l'instant tout se passe bien. Nous sommes partis depuis plus de 6 heures et nous sommes toujours au mitan de la journée. L'ombre sur le soleil derrière les hublots n'a pas bougé d'un iota depuis notre départ. Et si la planisphère qui illustre le progression de notre vol avance lentement vers l'ouest, le halo lumineux symbolisant le jour reste fixé sans discontinuer sur le petit avion. Nous sommes à bord d'un Boeing 767 qui n'est pas totalement rempli. Nous disposons ainsi de 3 places centrales. Pratique.

Lecture du Monde, du Figaro, de Libé dont je découvre la nouvelle maquette guère transcendantale. Le repas servi peu de temps après notre décollage était correct. Aimcy me regarde avec un petit sourire et me dit « il vient de France ».

Je laisse tomber journaux et revues et attaque le « traité de Zen et de l'entretien des motocyclettes ». Et tout de suite après quelques pages, je décide de structurer cette relation de voyage en chautauqua. Faut lire le bouquin pour comprendre... L'autre livre qui m'accompagne est « Jeu et théorie du duende » de Lorca. Ces titres laissent Aimcy dubitative.


Enfin, Dallas ! Le groupe qui était disséminé dans l'avion se réconstitue. Très grosse attente à  la douane ou l'on prend nos empreintes digitales et notre portrait. Un bus nous attend. Et tout de suite direction le loueur de moto. Premières vues des routes américaines... c'est pas triste. Je me demande comment nous nous retrouverons dans ce dédale de voies en tout sens.


C'est finalement des Electra Glide que nous touchons... La notre est noire. Très belle... Très lourde... Mais dès les premiers tours de roues, malgré l'appréhension, malgré le nombre de commandes au guidon comme ailleurs, la conduite est facile. Et Aimcy s'en tire pas trop mal.


J’ai noté avec grande attention le costume officiel des motards version féminine. Malheureusement, aucune, autour de moi, ne semble être prête à l’endosser, chose pourtant à priori aisée…

Dommage car je pense qu’il offre un confort incomparable pour le dos du pilote !


L'appréhension revient lors des feux rouges ou des virages brusques. Elle est quand même lourde !Mais dès que la route s'ouvre, droite et large, quel plaisir !

Nous n’allons toutefois pas bien loin. L'hôtel Hampton Inn n'est qu'à quelques kilomètres.

Première soirée aux « States ». L'orage gronde, les effets pernicieux d'un ouragan sur la Floride, dit-on. On verra cela demain. Et fin du premier chautauqua !

A demain

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Published by Patrick - dans Prise en main
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monique pearce 12/09/2009 18:40

On a l'air malin, Brian et moi, chevauchant l'une l'"aspirateur et l'autre la tondeuse! Même avec nos casques, on ne vous arrive pas à la cheville! Il faudrait que j'essaie la tondeuse "topless" dans le jardin...
Please, Patrick, sur les routes du Texas, essaie de ne pas faire un massacre d'armadillos; ces petits mammifères d'un autre âge, symboles du Lone Star State, sont aussi habiles que nos hérissons à éviter les bolides!
And now, go west, young man (and woman)!

rosine/marcel 12/09/2009 14:11

Salut les bikers,
Nous suivons plusieurs fois par jour votre périple et nous nous intéressons tellement à ce récit que nous allons étoffer notre culture (merci wikepedia et google) ; mais il semble que ce ne soit pas sufisant !
Qu'estce que le chautauqua ? un dialecte indien, la manière d'écrire comme si on parlait en chewgum ou la façon avec laquelle s'accueille les motards "chaud les gars"...
en meme temps, pour nous être documenter sur le bouquin "traite du Zen et de l'entretien des lmotocyclettes" ; il semble que ce ne soit pas le livre le plus accessible qui soit (Selon le Guinness Book of Records, Zen and the Art of Motorcycle Maintenance est le best-seller qui a été refusé par le plus grand nombre d'éditeurs (121). )
pour vous convaincer, voilà un extrait : "« Le piège suivant qui vient à l'esprit est l'ennui . Il se trouve à l'opposé de l'anxiété et accompagne généralement les problèmes d'égo. L'ennui signifie que vous avez quitté la voie de la Qualité, vous ne voyez plus les choses avec un esprit neuf, vous avez perdu votre "esprit du débutant" et votre moto est en grand danger. L'ennui veut dire que votre provision de détermination est basse et qu'il faut en faire le plein avant toute chose.

Quand vous vous ennuyez, arrêtez ! Allez au spectacle. Allumez la télé. Prenez la journée. Faites n'importe quoi, mais ne travaillez pas sur la bécane. Si vous n'arrêtez pas, la prochaine chose qui se produira, c'est la Grosse Connerie, et c'est alors que tout l'ennui et la Grosse Connerie se combinent en un seul de ces coups du sort des dimanches qui vous vident de toute votre détermination, et vous stoppent vraiment. »
Quoi su'il en soit, nous attendons la réponse pour chautauqua - A demain

Patrick 13/09/2009 07:18


Assez d'accord avec toi Rosine. Quand il réfléchit le bougre, il trébuche souvent. Mais il reste une atmosphère et tout le monde sait qu'une aatmosphère, c'est comme une gueule d'ange à qui on
laisse tout passer...
Et pour Chautauquau, je réfléchis encore son explication afin d'en faire quelque chose de compréhensible. Je souffre...


Andrée-Pascale et Jean-Marie DESICY 12/09/2009 11:56

Elle est vraiment belle ! Je ne parle pas de la moto, ni de la pin up que tu as eu le bon goût de photographier, mais de Marie-Claude, bien sûr ! Dommage de commencer avec un orage, mais ce sera peut-être le seul de votre périple... Nous attendons donc la suite. Bises

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