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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 03:57

Notre chambre à Santa Fé


Ce matin, rendez-vous avec Valérie et Madjïd, nos accompagnateurs, à 8 heures. Il est indispensable de filer sur Albuquerque. La concession Harley nous attend pour ENFIN réparer ma moto. Valérie décide de monter derrière moi. Aimcy lui confie ses gants et son casque et roule... Une heure plus tard, nous sommes à la concession et la moto sur la table d'opération. Valérie m'annonce que c'est la première fois qu'elle monte sur une moto ! Pendant que l'on s'occupe de la bête blessée, je m'impatiente dans le magasin... et je craque ! Non pas la moto quand même, mais une petite veste légère avec LE SIGLE dans le dos. Vous la verrez bientôt.

Le Nouveau-Mexique possède quelques terroirs, ou plutôt des AVA (American Viticultural Area), zone délimitée géographique. La mention du nom du vignoble, au sein d'une AVA, garantit que 95% du raisin provient de ce vignoble. Ca s’arrête là. Le législateur n’a pas spécifié des cépages autorisés, ni des normes de vinification comme en France. Chacun fait comme il l’entend. Les AVA du coin sont Mimbres Valley, Rio Grande Valley, Middle Rio Grande Valley, et Mesilla Valley qui est d’ailleurs à cheval sur le Nouveau-Mexique et la Texas. J'avais décidé de profiter de la journée de repos à Santa Fé, pour tenter de visiter un des vignobles du Nouveau Mexique dont les plus septentrionaux encerclent la ville, juste au Nord, Puis de là, descendent vers le Mexique en passant par Albuquerque, Corrales et Bernalillo. La panne de la Harley remet sérieusement ce programme en cause !

En fait, on peut dire que le Nouveau Mexique est le pays originel du vin américain. Les espagnols ont en effet planté la vigne ici vers l’an 1500, à des fins bien entendu liturgiques, mais pas seulement… L’ensoleillement des journées suivi de la fraîcheur des nuits proposent les conditions idéales pour la production vinicole. En 1880, la vallée de Rio Grande, entre Santa Fé et la frontière mexicaine, ne produisait pas loin d’un million de barriques de vins par an. La prohibition a annihilé tout cela. Il a fallu attendre 1980 pour voir réapparaître quelques entreprises vinicoles qui utilisent bien entendu du Vinifera, mais pas seulement.

En amateur, je ne peux pas faire l’impasse sur des vins totalement méconnus, d’autant que j’ai une passion pour les paysages viticoles. Je veux voir cela. Aussi quand on me rend ma moto – réparée - je me demande par lequel je vais commencer.

J'ai pas le temps de prendre l’interstate 25 et de filer au sud du Nouveau Mexique vers la frontière mexicaine afin de voir celles de Mesilla Valley, Deming, Truth et Consequences. J’hésite toutefois à remonter vers le Nord en direction de Los Alamos ou se trouve la Balagna Winery sur les hauteurs du Rio Grande. Vues spectaculaires sur la région et quelques vins assez réputés, traditionnels comme ses Chardonnays et ses zinfandel ou plus exotiques tels que ses « Celeste Blanco » ou ses « Dago Red ». Bien que ce soit l’exploitation la plus proche de Santa Fé, ce qui nous arrange bien, une petite chose me retient : Balagna produit un vin dénommé "La Bomba Grande" depuis la commémoration du cinquantième anniversaire du premier essai de la bombe atomique sur le site tout proche de Los Alamos ! Ca ne m’inspire pas.

Je me résouds à rester sur Albuquerque. J’ai le choix entre plusieurs viticulteurs pratiquement tous dans le même coin. J’hésite entre 3

En premier lieu Gruet, que j’ai sélectionné car il s’agit d’une famille française, plus exactement des champenois. La conversation sera plus aisée. Lorsque je les ai contactés, Nathalie m’a répondu très cordialement. En outre, nous avons dégusté un de leurs blancs secs hier soir au resto et il était vraiment de qualité.

Mais il y a aussi, Lory Winery, qui se trouve dans les quartiers nord d’Albuquerque et dont l’exploitation est magnifique.

Et enfin, une curiosité, Anasazi Fields Winery. Il est possible que la référence au peuple indien est quelque importance dans mon choix. Cette référence aux indiens est revendiquée puisque l’entreprise orne ses produits d’un logo reproduisant une figure trouvée sur des pétroglyphes proches de Placitas. Une chose est sûre, j’ai été attiré par la spécificité de ses produits, des vins de fruits. Située près de Placitas donc, entre Santa Fe et Albuquerque sur un territoire indien irrigué de façon traditionnelle depuis des milliers d’années, le domaine produit du vin de table artisanal à partir de raisins enrichis de fruits et de baies.

À la différence de la plupart des "vins de fruit", ces vins ne sont pas des vins doux mais des vins secs. En outre, du moins pour certains, Les baies de fruits (airelle, cerise, prune, abricot, mûre, framboise) peuvent être mélangés à celles de raisin et le vin vieilli dans des fûts de chêne entre 2 et 6 ans. Une fermentation lente, l’absence de sulfate et une filtration au minima donnent des vins intenses, complexes, structurés et bien entendu, uniques, du moins à ma connaissance. De plus les antioxydants oontenus par la peau et la chair des fruits viennent stabiliser la fermentation, au point d’éviter le rajout de sulfite, ce qui n’est pas pour me déplaire, bien au contraire…

Finalement je me décide pour Gruet qui est le plus proche, du moins avec le plan que j'ai en ma possession. Je traverse plusiuers fois l’interstate 25 qui longe le plus vieux et le plus long chemin de l’Amérique du Nord, El camino Réal. Il reliait il y a quelques siècles Santa Fé à Mexico lorsque tout ce pays était sous domination espagnole. Après avoir fait le tour de la ville, et perdu un temps considérable sous le cagna, j'abandonne. J'ai promis à Aimcy de rentrer assez tôt pour une visite de Santa Fé. Ne perdons pas un temps précieux ici. Tant pis pour Gruet. Et je décide d'aller à Anasazi Fields Winery. En pleine campagne, l'affaire devrait être plus aisée. En outre les paysages très valonnés sont sompteux

Malheureusement lorsque j'y arrive, l'exploitation est femée. Décidément la chance me fuit. Retour donc sur Santa Fé.

  J'ai constaté que les bikers qui arrivaient sur la concession Harley pilotait sans casque. Depuis que j'en révais,  je le range et Retour donc sur Santa Fé.  Mais avant de quitter ce coin, une petite photo pour vous montrer les habitations des faubourgs de cette ville.

 

Je rejoins l'autoroute à Bernadillo. Bernalillo L’une des plus anciennes villes espagnoles qui fut fondée vers 1540 par Hernando de Alvarado. Il avait eté envoyé par Francisco Vásquez de Coronado vers le Rio Grande afin de rechercher des villages pouvant prétendre être l’une des 7 cités d’or de Cibola. Il s'installe dans l'un d'entre eux nommé Tiguex, le nom indien de Bernalillo. Francisco Vásquez de Coronado l’y rejoint afin d’y passer l’hiver. L’expédition ne resta pas inactive, devant repousser de nombreuses attaques d'autochtones. Pour la première fois, plusieurs centaines d’indiens périssaient sous le feu des blancs.

Je cherche Bloomfield des yeux… Michel Butor dans le Génie des lieux 2, a écrit un texte intitulé "La neige entre Bloomfield et Bernalillo". On a du mal à imaginer ce pays sous la neige ! Et nous passons par cette petite ville située dans la réserve indienne de Santa Ana. Elle est connue surtout pour son « range Café », qui reçu même la visite de Barak Obama le 18/09/2009.

Moins jouissif, des cas de peste ont été confirmés dans ce conté, ces dernières années.

Une heure plus tard me voici de retour à notre hôtel de Santa Fé. Aimcy n'est toujours pas rentrée.

L'hôtel, notre chambre est à l'angle au rez de chaussée.

Santa Fé est une ville fascinante où se mêlent les cultures indienne, espagnole et américaine. Il me parait d’ailleurs évident que sans le côté espagnol, on ne gloserait pas autant sur elle. D’ailleurs qu’est ce qui en fait le renom si ce n’est son histoire. Les américains ont avec elle un truc qui date de 1610. Presque autant que la plupart des villes de la vieille Europe. Oui, le raccourci est osé, mais vaut mieux pas trop en discuter. En outre, c’est typique, comme au cinéma, de l’adobe partout… Mais si les périodes pueblo, espagnole et enfin mexicaine, furent bien plus longues que celle de l’emprise américaine – moins d’un siècle – ça pue l’amerloque ! Tout est prétexte à l’argent roi, à l’esbroufe, au superflu… Pour juger d’un clin d’œil de ce qui est à la mode, il suffit de se promener dans les rues de Santa Fé.

En voici quelques images..


Dans une vitrine, une photo de Peter Stackpole datant des années 1950 ; une jeune femme, blonde, la mise en pli parfaite, avec sa large jupe, qu’on imagine, le soir venu, parader dans une grosse voiture aux formes amples et lourdes de chromes dans les rues de la ville au son des standards de la BO d’American Grafitti…

Mais la photo intrigue. Cette femme achète visiblement quelque chose à un indien assis par terre. Il y a quelques objets, des couvertures tissées, une boite contenant des colliers ou bracelets. Le vendeur cache son visage. La raison n’est pas le soleil qui inonde la scène. Il faut la cherche dans cet autre personnage prenant une photo de ce couple improbable, ou plutôt non, de la jeune femme plus précisément. L’indien cache son visage pour ne pas être reconnu sur la photo, pourtant il n’est pas le véritable sujet de la photo. L’objectif fixe la jeune femme. C’est elle le sujet. A y regarder de plus prêt, la scène est plus complexe, car l’homme qui prend la photographie, est également un indien. Sans doute un ami, un frère, du commerçant. D’ailleurs, comment imaginer un indien oser prendre une photo d’une jeune américaine, ou même posséder un appareil photo ? Non, l’appareil appartient à la jeune femme. Elle a probablement demandé à l’un des deux indiens d’immortaliser la scène de l’achat. Scène d’importance sans doute pour elle. Forme de négociation avec ceux qui étaient de fiers guerriers et qui aujourd’hui sont réduit à colporter quelques objets ethniques.

Le plus drôle dans la scène est que cette photo à sans doute une sœur miroir dans la collection de souvenirs de cette jeune femme. Est-ce qu’Internet permettrait de la retrouver ? On y verrait alors Peter Stackpole l’œil collé à l’appareil… Et si cette jeune femme se nommait Stackpole ? Nous retrouvons l'endroit ou la photo a été prise. Rien a changé.

Sur le trottoir devant le musée des beaux-arts il y a des plaques en bronze en hommage aux artistes peintres ou écrivains de Santa Fe. Je repère celle du peintre Georgia O'Keeffe qui est une artiste de renom et celle d'un écrivain, Oliver Lafarge que j'ai connu tout jeune


Pour ma part, je n’aime pas trop les artistes employant de façon systématique un procédé pictural. C’est le cas de Georgia O'Keeffe. Deuxième reproche, elle s’est évertuée à réaliser des natures mortes alors que sa technique, rappelant le pastel, donne de beaux plus beaux résultats avec les paysages. Ainsi celui d’un paysage de la chaîne de la « Black Mesa » que l’on peut contempler à l’est d’ici.

D'autres photos de la ville...


La phrase du jour : « Quand j'ai entendu parler français, je me suis dit qu'ils étaient pas américains ». Merci Bruno ! A ta décharge,  il est vrai qu'il y a pas mal de français dans Sanra Fé. Je ne vous parlerai pas des aventures d'Aimcy pendant ma lamentable recherche de viticulteurs. C'est pas triste aussi, mais elle vous racontera ça bien mieux que moi.

Je ne vous parlerai pas non plus du restaurant du soir... Bof

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Published by Patrick - dans Chautauqua
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commentaires

bouyer laurence et olivier 20/09/2009 22:04

coucou des parisiens aux french BNP bikers : merci pour ces belles photos, ce blog très instructif (ça donnerait presque envie de se mettre à la moto !) et les vannes à la frangine et au beau-frère (Régine et Bruno) : oublier son casque faut faire fort ! (moi qui passe pour la "tête de linotte" de la famille, Patrick m'offre ici une belle revanche !)
Have a nice ride and take care ! (of the "nest of chicken" !!)
Merci encore de ces nouvelles "fresh" ! Bizzzz
Laurence

olivier 18/09/2009 18:53

Les photos des repas me font dire que cela n'a pas l'air "si pire". Pense à tes brocolis vapeur à ton retour.... Bisous

Andrée-Pascale et Jean-Marie DESICY 17/09/2009 17:18

Et bien, voilà, tu reprends un rythme normal pour nous faire suivre vos aventures... Il ne manque plus que la version de Marie-Claude... J'ai hâte de te voir avec ton beau blouson made in USA sur le dos !

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