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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 23:37
Bon nombre de mes lecteurs ont voulu en savoir un peu plus sur le terme chautauqua que j’ai employé pour raconter les différentes journées consacrées à ce voyage. Je suppose qu’ils ont trouvé l’explication sur Wikipedia. Il est possible que ce site ait pu satisfaire leur curiosité mais cela n’est pas certain. Aussi voici ma propre explication et l’usage que j’en ai fait.
Chautauqua est un mot de la langue Seneca, un peuple amérindien et plus précisément l’une des nations iroquoises du nord est d’Amérique du Nord. Peu importe la signification de ce terme en Sénéca car elle a depuis évolué. En fait, Chautauqua était également le nom de l’endroit où eut lieu pendant l’été 1874 une expérience tentant à combiner la transmission d’un savoir et d’une éthique par le biais du divertissement. Cette expérience devint une manifestation régulière jusqu’à devenir petit à petit un réel phénomène de société. Au fil des années, elles se transformèrent et devinrent essentiellement itinérantes. C’est à ce sens original que je me suis référé.
En effet, je ne considère pas le voyage comme un simple parcours géographique ponctué de prises de vues et d’achats de souvenirs. Dans mon esprit, il est avant tout le levier d’une découverte tous azimuts, allant des faits historiques aux choses naturelles, de rencontres d’hommes du passé et du présent, véhiculant des idées, des pensées, des oeuvres. Tout cela constitue petit à petit un tout qui donne une dimension tout autre au voyage. C’est cela que je recherche et tente de partager. Désirant éviter par ailleurs un discours docte, si tant est que j’y sois parvenu, j’ai apporté à cette relation un côté plus personnel, en y contant nos propres aventures en espérant bien que le côté ludique des anecdotes relatées puisse retenir l’attention des lecteurs. J’ai donc bien écrit des chautauquas et non seulement une relation de voyage !

Je ne sais pas si je suis bien clair. Si ce n’est pas le cas, le plus simple est sans doute de vous renvoyer vers celui qui m’a appris ce qu’est un chautauqua, Robert Maynard Pirsig, dans son roman philosophique et relativement autobiographique « Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes ». Il l’écrivit en 1974 à la suite d’une traversée des USA sur une BMW avec son fils et un couple d’amis (voir les photos de ce voyage à l’adresse :

http://ww2.usca.edu/ResearchProjects/ProfessorGurr/gallery/slideshow.php?set_albumName=Pictures-Robert-Pirsigs-original-1968-trip

On le trouve encore aujourd’hui aux éditions de poche Points. Octave Mannoni dans sa préface de l’édition française publiée en France par les Editions du Seuil en 1978 - sous une couverture hideuse - nous averti : « Pirsig a l'air de simplement nous raconter une longue randonnée à travers le continent américain, tout en s'intéressant aux problèmes techniques que peuvent poser les motocyclettes… cependant, ces sujets ne sont l'essentiel » En fait, Mannoni nous montre que d’après Pirsig, la paranoïa qui frappe le monde d’aujourd'hui, a trouvé refuge dans la technologie elle-même. « Objectivée, elle est devenue impersonnelle et ainsi d'autant plus incurable. Elle condamne l'homme d'aujourd'hui, l'individu, à une existence schizophrénique ».

Il me semble que mon propos rejoint quelque peu cette idée en montrant le fossé intolérable qui se creuse entre la réalité que présente la nature et celle d’un monde moderne de plus en plus factice et virtuel mais surtout de plus en plus néfaste pour la nature. Et tant pis si je passe pour un incurable bobo ! Ce fut dans mon cas d’autant plus frappant que l’usage de la moto accentue l’emprise du milieu sur nos sensations et notre perception du monde réel. A contrario, la voiture est une bulle de technologie qui nous sépare totalement du milieu naturel. L’automobiliste est au cœur d’un spectacle qui ne le change pas vraiment d’un écran de téléviseur ou de cinéma ; une simple fiction, dans un endroit confiné, protégé, climatisé ; un nouveau jeu vidéo dont les protagonistes – paysages, hommes et bêtes - ne pénètrent jamais l’enceinte.

Les motards ont une relation directe avec la nature, voir charnelle ; la pluie fouette le visage, le vent chahute la chevelure, le froid gerce les doigts, le soleil dore la peau...

En somme un acte d'amour.

 

Robert Maynard Pirsig

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Published by Patrick - dans Bilan
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commentaires

Flo 18/10/2009 19:07


Bienvenue chez moi, merci de ta visite et surtout merci de ton partage!
à bientôt
Milbiz
Flo


erwan edrad 17/10/2009 12:37


hi,

merci, c'est vraiment sympa de rejoindre la communauté Radical Twin.

@+


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