Le route 66 et les grands parcs américains en Harley Davidson
Au sud de Gallup se trouve le Zuni Pueblo, l’un des plus grands pueblos du Nouveau Mexique. Nous ne le ferons pas, la journée est très chargée. C'est sans doute le parcours de la 66 le plus aléatoire. Allison, Mentmore puis Manuelito. Nous quittons le Nouveau Mexique pour pénétrer en Arizona.
Lupton ; la journée est trop avancée pour trouver des groupes d’hispaniques faisant le pied de grue sur des parkings, dans l’attente d’une offre d’emploi. De toute façon, ces groupes sont de moins en moins nombreux. A moins qu’ils ne se cachent. De plus en plus de comtés de l’Arizona appliquent depuis quelques mois stricto sensu la nouvelle loi de l’état d’Arizona faisant de ces travailleurs clandestins des « co-conspirateurs ». Le gouverneur avait sans doute marre d’attendre que Washington clarifie les lois sur l’immigration. Du coup, ici on les chasse sans aucun état d’âme. Et ceux qui auraient la velléité de les faire travailler encourent de sérieux risques de fermer boutique. De ce point de vue, le Sud n’a guère changé. La chasse au négro a juste cédé la place à celle du latino.
Notre destination de la matinée est annoncée, « The petrified forest national park » Il s'agit de la réunion en fait de 2 parcs, jonction du painted desert, sables colorés avec des vues magnifiques, et de la petrified forest. Il y a 225 millions d'années, une forêt a été noyée par l'eau. La conjugaison de cette eau et du sable, dont Serge a pu apprécier les qualités, a produit des réactions chimiques qui ont pétrifié le bois pour donner des pierres de couleurs variées : violet et vert pour le jaspe, jaune, cristal et marron pour l'agate. Mais pour l'instant nous sommes subjugés par ce désert présentant tant de couleurs et de volumes variés.

Après un arrêt photo, une sirène rugit derrière moi. Coup d'oeil dans le rétro, un véhicule de cops. Je m'arrête aussitôt. Le flic s'arrête derrière moi et m'intime l'ordre au haut parleur de couper le contact et de ne pas descendre ni bouger. La totale quoi ! Aimcy derrière moi de ne souffler "mais qu'est-ce que t'as fait". Comment veut-elle que je le sache ? Peut-être mon faciès, rouge au demeurant ce qui n'est pas bien vu chez les cow-boys. Le flic est descendu. Il s'avère qu'il s'agit d'un ranger, une race apparentée au flic, en un peu moins civique ou, si l'on veut en un peu plus sauvage. Il veut mes papiers. Je lui dis qu'ils sont dans le top case. Il recule alors de quelques pas, pose sa main juste au dessus de son colt et me demande de descendre. Pourvu qu'on ne rejoue pas règlement compte à Painted Désert. Régine là dessus s''avance pour filmer la scène et déclenche les foudres du Ranger. C'est pas possible, elle veut me faire descendre !!!!







Début novembre 1897, alors que son mari est en expédition, elle a la prémonition de sa propre mort. A son retour, le 16 novembre, elle subit une crise cardiaque. Mourante, elle est portée sur son lit. A l’extérieur, une foule immense ou se côtoient bourgeois, Navajos, cow-boys entrepreneurs et prostituées, s’est rassemblée. Bon nombre pleurèrent sa mort. Ses funérailles fut le plus grand événement de la ville de Winslow de cette époque. Les citadins, les propriétaires de ranch, les indiens, les employés des chemins de fer se rassemblèrent pour lui rendre un dernier hommage. Même la compagnie de chemin de fer décréta un hommage posthume ; tous les trains traversant Winslow devaient s'arrêter quelques minutes, puis quitter la gare à vitesse réduite sans utilisation des sifflets et cloches.
La route 66 n’est plus qu’un fantôme que quelques nostalgiques comme nous perpétuent. Nez collé au sol, on cherche le bitume originel. Parfois elle a tout simplement disparue. Certains tronçons du tracé original ont tout simplement disparus, ou sont interdit par des barrages. Il faut alors jeter les bécanes sur l’asphalte de l’Interstate 40. Pour compliquer les choses, son nom même change ; West 66 ou, dans l’autre sens, East 66, Highway 66. Dans les villes c’est pire. Ici, à Holbrook, elle s’appelle « Hopi Drive ». A Albuquerque, il fallait chercher « Central Avenue ». Auparavant, à Amarillo, la « 6th ». La palme revient à Tucumcari ou on l’a dénommée « Tucumcari boulevard ». Original, n’est-ce pas ? En fait pour s’y retrouver, on n’a pas d’autre choix que de rechercher la pancarte originale. Cela peut s’avérer une quête mythique dans certains quartiers urbains ou le nombre de panneaux publicitaires damne le pion à celui des habitants. Parfois la profusion même du sigle 66 assaisonné à toutes sortes de produits nous renvoie à nos chères études. Depuis 1985, la route n’a plus d’existence légale. Seules les revendications et la pression des associations de préservation de la 66 lui permet de survivre… Les rapports des américains avec leur maigre passé et leur courte histoire laissent malgré tout augurer d’un futur pérenne. D’autant que le tourisme y trouve son compte. Nous sommes bien placés pour le revendiquer.
Nous sommes au coeur du pays de la Country Music, même si Merle Haggard, l’un de ses plus grands chanteurs compositeurs a du s’enfuir de Flagstaff poursuivit par des Hells Angels qui voulaient lui faire la peau. Cela se passait en 1957 et Merle avait 20 ans à peine. Il était à pied, en guenilles au cœur de l’hiver. Une période de muise pour lui. Larcins, prisons, évasions, cachetons… Sa rencontre plus tard avec Johnny Cash allait changer la donne !