Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /Nov /2009 19:52
Pour accéder aux relations de chaque journée, cliquer sur le titre.

Vol American Airlines De Paris à Dallas. Rien à dire. Le minimum en classe touriste est respecté. Il y a même des films en français !

 

Prise  en charge des motos à la concession EagleRider Of Dallas à Irving :

Excellent service. Longues explications et revues de détail.

Installation à l’hôtel Hampton Inn



21H00 : Dîner au Spring Creek Barbeque d’Irving. Combinaison de viandes grilles (boeuf, jambon, ribs, poulets, saucisses, poitrine…)

 

 

Jour 02: 12 septembre DALLAS – AMARILLO  550 km

Petit déjeuner continental à l’hôtel. Quelconque. Une première approche de ce que vont être les cafés !

 

12H00 : Déjeuner au Norman's Catfish à Vernon sur la 70 d’un steak de poulet pané noyé dans de la sauce….

Dîner à Amarillo au Big Texan Steak Ranch du célèbre steak, trop cuit et insipide.

 

Logement à Hôtel Big texan ranch. Lit correct, mais salle de bain douteuse et vieillarde

 

 

Jour 03:13 septembre  AMARILLO – SANTA FE  400 km

Petit déjeuner continental à l’Hôtel Big texan ranch. Copieux et variés.

 

Arrêt à Adrian, le « Midpoint » de la route 66. Accueil très sympa 

 

Arrivée à Tucumcari et Déjeuner au Kix on 66 d’un burger sans prétention mais cuit à point


Arrêt à l’Auto 66 Museum de Santa Rosa

 

Arrivée et installation à l’hôtel Santa Fe Sage Inn

 

 

Dîner au Railyard de Santa Fe, gaspacho, Steak de saumon à la polenta ou Faux-filet aux champignons et sherry

 

 

 

Petit déjeuner au Santa Fe Sage Inn. Quelconque et sans rapport avec la qualité de l’hôtel.


 

Déjeuner au French Pastry Shop. Coffee and snack shop. Homemade French pastries, cakes and bread, 505-983-6697. Juste pour se remémorer… et entendre le français sans accent du patron. Croque monsieur comme à Paris et galettes bretonnes comme à Concarneau.

 

 

Dîner au Teofilo’s. Plats mexicains, Tacos au bœuf, enchilada ou burritos. Sans grande prétention mais sympathique.

 

 

Seconde nuit au Santa Fe Sage Inn.


 

 

 

Petit déjeuner continental. Pas mieux que la veille et il n’y a pas de raison que ca change…

 

 

Pause café au Route 66 Dinner d’albuquerque installé dans une ancienne station Philips 66 des années 1940. Pour la nostalgie que le lieu dégage, très Américan Graffiti

Déjeuner au Aurelia's Mi Chante Restaurant à Los Lunas. Sopapillas , fajitas et enchiladas.

 

 

Dîner et logement à l’hôtel El Rancho à Gallup. L’hôtel est magnifique (le mythe des stars passées perdure), les chambres minuscules – surtout la salle de bain - et la cuisine classique mexicaine est passable (enchiladas, tamales, tacos et relleno).

 

Jour 06: 16 septembre : GALLUP – PETRIFIED FOREST – FLAGSTAFF  300 km

Petit déjeuner continental au El Rancho. Copieux et varié

 

Déjeuner au Butterfield Stage Co Steak House à Holbrook, Saumon d’élevage trop cuit.

Dîner Au Granny’s Closet à Flagstaff. Un steak et des frites tout simplement.

Nuit à l’hôtel The Monte Vista de Flagstaff. Mythique mais chambre vraiment quelconque et lit antédiluvien. Heureusement le matelas sauve le sommeil !

 

 

 

 

Jour 07: 17 septembre :FLAGSTAFF – GRAND CANYON  150 km

Petit déjeuner continental à l’hôtel The Monte Vista

 

 

Déjeuner au Canyon Plaza Resort à Grand Canyon Village (South Rim). Nourriture très moyenne en self-service pour cet hôtel restaurant de luxe.

Dîner au Maswick Lodge South de Grand Canyon. Un self service mais diverses cuisines en fonction du type de plats choisis. Le cuistot fait comme en le souhaite, avec le sourire. Seul reproche, la salle fait vraiment cantine…

 

 

Dîner et logement au Maswick Lodge South de Grand Canyon au cœur des bois.

 


Jour 08: 18 septembre :GRAND CANYON – MONUMENT VALLEY –PAGE 450 km

Petit déjeuner américain au Maswick Lodge South

 

 

Déjeuner au cœur de Monument Valley  en compagnie des indien Navajos, plus un pique-nique qu’autre chose. Mais la viande, cuite au barbecue, pouvait être mangée saignante

 

Logement au Courtyard de Page

 

Dîner au restaurant "Dam Bar Grill" également appelé "Gun smoke saloon" de Page (Merci Valérie). La décoration intérieure rendait hommage au barrage. De toute façon, le repas ne méritait pas une hola d'enthousiasme.

 

 

 

Jour 9 : 19 septembre :PAGE – BRYCE CANYON  230 km

Petit déjeuner continental au Courtyard

 

 

Croisière d’1h30 sur le Lake Powell (Antelope Canyon Cruise). Trop court. Quitte à faire une croisière sur le lac, autant prendre son temps et aller bien au-delà de Page…

 

 

Déjeuner au Chuckwagon Cookouts à Kanab. Accueil déplorable et la table comme le service qui ne rattrape rien. On se croirait au fin fond du Texas bouseux et prétentieux. Et encore...

 

logement au Bryce View Lodge.  Pas si mal pour un 2*

Dîner à une soirée country organisée par le Ruby’s Inn dans une immense grange près du motel. Sympa, décontracté et orchestre dynamique pour qui aime la country music

 


Jour 10 : 20 septembre  BRYCE – ZION NP – LAS VEGAS 380 km

Petit déjeuner américain 

 

 

Déjeuner au Pioneer Lodge Restaurant. Accueil sympa et enfin une bonne viande parfaitement cuite !!!!

 

Logement a l’Hôtel Excalibur sur le strip. Désolé, je ne suis pas sensible à cette usine à rêves mais je dois reconnaitre que les chambres sont de qualité. Dommage que la WiFi soit payante !

Dîner à l’Excalibur au Roundtable Buffet C’est pas terrible, mais au moins on a le choix avec de la nourriture de tous les continents…. Mais quoi qu’il en soit, tout cela est bien cher.

 

 

Par Patrick - Publié dans : Bilan - Communauté : La comm des motard(e)s
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /Oct /2009 23:37
Bon nombre de mes lecteurs ont voulu en savoir un peu plus sur le terme chautauqua que j’ai employé pour raconter les différentes journées consacrées à ce voyage. Je suppose qu’ils ont trouvé l’explication sur Wikipedia. Il est possible que ce site ait pu satisfaire leur curiosité mais cela n’est pas certain. Aussi voici ma propre explication et l’usage que j’en ai fait.
Chautauqua est un mot de la langue Seneca, un peuple amérindien et plus précisément l’une des nations iroquoises du nord est d’Amérique du Nord. Peu importe la signification de ce terme en Sénéca car elle a depuis évolué. En fait, Chautauqua était également le nom de l’endroit où eut lieu pendant l’été 1874 une expérience tentant à combiner la transmission d’un savoir et d’une éthique par le biais du divertissement. Cette expérience devint une manifestation régulière jusqu’à devenir petit à petit un réel phénomène de société. Au fil des années, elles se transformèrent et devinrent essentiellement itinérantes. C’est à ce sens original que je me suis référé.
En effet, je ne considère pas le voyage comme un simple parcours géographique ponctué de prises de vues et d’achats de souvenirs. Dans mon esprit, il est avant tout le levier d’une découverte tous azimuts, allant des faits historiques aux choses naturelles, de rencontres d’hommes du passé et du présent, véhiculant des idées, des pensées, des oeuvres. Tout cela constitue petit à petit un tout qui donne une dimension tout autre au voyage. C’est cela que je recherche et tente de partager. Désirant éviter par ailleurs un discours docte, si tant est que j’y sois parvenu, j’ai apporté à cette relation un côté plus personnel, en y contant nos propres aventures en espérant bien que le côté ludique des anecdotes relatées puisse retenir l’attention des lecteurs. J’ai donc bien écrit des chautauquas et non seulement une relation de voyage !

Je ne sais pas si je suis bien clair. Si ce n’est pas le cas, le plus simple est sans doute de vous renvoyer vers celui qui m’a appris ce qu’est un chautauqua, Robert Maynard Pirsig, dans son roman philosophique et relativement autobiographique « Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes ». Il l’écrivit en 1974 à la suite d’une traversée des USA sur une BMW avec son fils et un couple d’amis (voir les photos de ce voyage à l’adresse :

http://ww2.usca.edu/ResearchProjects/ProfessorGurr/gallery/slideshow.php?set_albumName=Pictures-Robert-Pirsigs-original-1968-trip

On le trouve encore aujourd’hui aux éditions de poche Points. Octave Mannoni dans sa préface de l’édition française publiée en France par les Editions du Seuil en 1978 - sous une couverture hideuse - nous averti : « Pirsig a l'air de simplement nous raconter une longue randonnée à travers le continent américain, tout en s'intéressant aux problèmes techniques que peuvent poser les motocyclettes… cependant, ces sujets ne sont l'essentiel » En fait, Mannoni nous montre que d’après Pirsig, la paranoïa qui frappe le monde d’aujourd'hui, a trouvé refuge dans la technologie elle-même. « Objectivée, elle est devenue impersonnelle et ainsi d'autant plus incurable. Elle condamne l'homme d'aujourd'hui, l'individu, à une existence schizophrénique ».

Il me semble que mon propos rejoint quelque peu cette idée en montrant le fossé intolérable qui se creuse entre la réalité que présente la nature et celle d’un monde moderne de plus en plus factice et virtuel mais surtout de plus en plus néfaste pour la nature. Et tant pis si je passe pour un incurable bobo ! Ce fut dans mon cas d’autant plus frappant que l’usage de la moto accentue l’emprise du milieu sur nos sensations et notre perception du monde réel. A contrario, la voiture est une bulle de technologie qui nous sépare totalement du milieu naturel. L’automobiliste est au cœur d’un spectacle qui ne le change pas vraiment d’un écran de téléviseur ou de cinéma ; une simple fiction, dans un endroit confiné, protégé, climatisé ; un nouveau jeu vidéo dont les protagonistes – paysages, hommes et bêtes - ne pénètrent jamais l’enceinte.

Les motards ont une relation directe avec la nature, voir charnelle ; la pluie fouette le visage, le vent chahute la chevelure, le froid gerce les doigts, le soleil dore la peau...

En somme un acte d'amour.

 

Robert Maynard Pirsig

Par Patrick - Publié dans : Bilan - Communauté : Harley-Davidson Trike
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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /Oct /2009 20:03

La route 66 est un mythe. J'en conviens. J’ai déjà expliqué les raisons de cet état dans les chautauquas. De là à en faire une destination de rêve est quelque peu exagérée, du moins pour la partie que je connais, entre le Texas et le Nevada. Je peux relativiser cette réserve lorsque les paysages, notamment du Nouveau Mexique, enrobent d’un écrin magnifique la route. Mais dans ce cas, le mythe devient largement une anecdote, tant la beauté de la nature accapare toute notre attention.


Qu’est la 66, si ce n’est une longue route ponctuée d’une succession de boutiques et de vieux motels fermés dans le meilleur des cas, effondrés dans le pire, mais en général abandonnés Certains, il est vrai, subsistent. Difficilement. Et pour attraper les quelques chalands qui passent, on y emploie les vieilles recettes du passé ; enseignes lumineuses, panneaux publicitaires, bannières, épaves de véhicules aux couleurs agressives ou restaurées avec soin…Une lutte puérile entre des propriétaires désabusés consistant à ériger la plus haute, la plus voyante, la plus kitch, la plus lumineuse, des enseignes, au pied desquelles trônent des statues en résine présentant le cénacle pitoyable de Dieux commerciaux. Désolé, je ne flippe  pas devant le Jack Rabbit Trading Post ! Je l’ai déjà dit, cete route est un musée en plein air, à la Disney. Pas de quoi fouetter la Harley ! D’autant qu'elle est souvent dans un état tel que le périple peut prendre l’allure d’un chemin de croix.

C’est particulièrement vrai dans le Texas, au cœur duquel les grandes plaines réduisent en bouillie toute velléité de s’extasier. C’est plat, c’est moche, c’est morne… Et ce n’est pas un panneau Historic 66 qui réveillera le voyageur. Même si quelques arrêts ont été agréables, je pense notamment à Adrian Café, l’accueil ne fut chaleureux que par les clients qui s’y retrouvèrent, par hasard, dans le partage d’un même « trip »…

Jugement sévère sans doute, mais inévitable après les chocs esthétiques que procurent les routes qui serpentent au cœur des parc nationaux, la portion de la 84 qui permet de rejoindre l’ancien tracè de la 66 pour Santa-Fé en passant par Los Montoyas et Romeroville, une jubilation, ou encore Turquoise Road, cette merveilleuse petite route qu’il ne faut surtout pas rater entre Santa-Fé et Albuquerque, Et d’autres encore, sans doute, que nous espérons encore découvrir une prochaine fois...

Pour ceux qui veulent toutefois se lancer dans l'aventure, qu'il prenne une bonne carte, qu'il prenne leur temps, et qu'ils fassent tout pour éviter l'interstate 40, quitte à rouler au pas sur du gravier ou du sable... s'ils sont en Harley !

Par Patrick - Publié dans : Bilan - Communauté : Harley-Davidson Trike
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /Oct /2009 18:49

Se trouver pour la première fois face à une Harley Electra Glide procure une sensation que j’imagine volontiers être celle d’un gamin s’apprêtant à débourrer un étalon. Certes, l’image est relativement osée car l’Electra Gilde n’a pas vraiment l’aspect d’un pur-sang arabe mais plutôt d’un boulonnais. Quoi qu’il en soit, on se demande bien comment enfourcher la bête. Surtout lorsqu’on doit faire confiance aux 3 vis plantées dans la tête fémorale d’une jambe astreinte à tenir ce corps mal foutu lors de cet exercice périlleux. Tout est dans la retenue… d’un geste radical. Bien viser, heureusement la selle est large. Se lancer franchement, tout en contrôlant l’énergie déployée. Il ne s’agirait pas de basculer de l’autre côté et provoquer les rires des bikers du cénacle qui, quoi que vous fassiez pour préserver cette discrète prise en main, sauront qu’un petit frenchy s’essaye au « kick on Harley » sans les attributs indispensables, gros bide, tatouages, barbe en buisson, culotte de cuir et autre bandana ou persings… Ce n’est pas mon embonpoint qui me fera passer pour l’un d’entre eux. Ridicule, quoi !

Aussitôt le cul sur la selle apparaît l’effroyable vérité ; non de non, j’ai vraiment des jambes de nabot… Difficile de poser les deux pieds à terre. Si le talon touche d’un côté, de l’autre, il flotte dans le néant. Heureusement, mes 1m70 autorisent toutefois l’extrémité de mes doigts de pieds à gratter un sol fuyant. Moquez-vous, riez si vous voulez, mais ce n’est pas un détail ! Ma douce et tendre va devoir monter également ; de tout son poids, sur l’un des côtés, puis de tout son poids, sur l’autre ! Faut bien qu’elle bascule pour s’asseoir… Et son poids, c’est quand même du poids (te vexes pas chérie, je t’en prie, j’explique…). Je dois donc contrer ce brusque mouvement de bascule par une retenue à droite puis dans une synchronisation parfaite jeter toute mon énergie dans la retenue à gauche… Vous suivez ? Pas de mal de mer ? Le plus simple, avec l’expérience, est de toujours avoir la moto sur sa béquille lorsque le passager doit monter. Puis avec son aide, une grande confiance et une synchronisation éprouvée – les vieux couples savent exercer ce type de mouvement rythmique -  de basculer la moto afin de la stabiliser sur ses roues. Heureusement, le poids, la largeur des roues et l‘équilibre générale de l’engin lui octroient un centre de gravité très bas générant un équilibre large et une tenue aisée. Vous me direz, c’est un peu normal au vu du bide de la bête. Ca déborde de tous côtés… 9a oblige d’écarter les jambes, ce qui dans mon cas, aggrave l’amplitude de l’angle que devraient former mes 2 pieds avec la roue avant ! La taille des calles pieds, taillés pour des planches de surf, amplifie l’écartèlement. L’angle n’est plus qu’une belle droite, et la silhouette générée provoque l’esclaffement généralisé de la troupe des affranchis bikers qui s’est quelque peu amplifiée. En plus ça tiraille du côté des adducteurs ! Faut pas rester ainsi des heures ! Vite, démarrer ! Mais pour cela, il faut avant tout rabattre cette foutue béquille qui vous nargue… bien au delà de votre portée ! Il y a sans conteste des vicelards cher Harley. Je glisse la fesse sur la selle, je baisse le guidon en sens inverse, un petit tour de rein et cette foutue pièce toute chromée est saisie par miracle. Rapport aux bikers qui me surveillent, je ne préfère pas vous raconter lorsqu’elle est plantée dans un sol mou !

Enfin, c’est fait ! Un coup d’accélérateur et en attendant que l’air chaud vienne sécher la sueur accumulée, on peut souffler, se lâcher tous les muscles, sauf un, le doigt qu’on adresse aux bikers encore hilares, et demander à Madame un petit massage des reins. Comme quoi la Harley ne s’apprécie qu’en roulant.

Ceci dit, faut bien s’arrêter, parfois ! Lorsque le sol était sain, je ne prenais pas de précaution particulière. La stabilité de la moto nécessitant un seul point d’appui, je n’avais pas à planter mes 2 pieds par terre. Lorsque ce n’était pas le cas, et Dieu sait que la 66 de ce point de vue nous a tout montré, il fallait impérativement avoir suffisamment d’espace pour bien choisir sa piste d’atterrissage. Le problème n’étant pas tant de s’arrêter, que d’avoir à repartir et anticiper la délicate mission du démarrage comme je viens de vous le relater. Surtout lorsque on envisage de baisser la béquille. Un sol légèrement en pente dans le sens de la marche et cet accessoire ne suffit pas à retenir la moto entraînée par son poids. Autre danger, une surface instable de sable ou de gravier avale goulûment ce facteur de sécurité entraînant la chute de l’engin. Tour de rein garanti si vous êtes seul pour la relever… ou coup de gueule pour rameuter les bikers du cénacle qui se foutaient déjà de vous au départ, afin qu’ils vous donne un coup de main… Comme quoi le doigt levé était tout à l’heure une mauvaise idée !

La Harley est tout sauf ramingue. Elle répond au quart de tour à la moindre commande de son cavalier. Sa forme ensellée lui confère une assise confortable et un centre de gravité bas facilitant sa tenue. Ah oui, pardon, je l’ai déjà dit. Dès que les roues tournent, on pénètre dans une toute autre dimension où ne sont admis que facilité et plaisir. Les quelques reproches que je pouvais lui adresser lorsque mes pieds tentaient de toucher le sol sont dès lors oubliés. Et puis après tout, j’avais qu’à être taillé plus long !

Cette moto est un fauteuil 1ère classe sur roue. Même la première journée – plus de 500 bornes sous une pluie torrentielle et un blizzard à décorner une trottinette japonaise – ne m’a pas laissé une once de courbature. Ca file tout droit, ça répond à la moindre sollicitation du poignet ou du pied, et la tenue de route ne laisse aucune suspicion venir gâcher le plaisir. Le moteur est sans doute la source majeure de ce fleuve de tranquillité. Sa souplesse et telle que lorsque le sélecteur principal de vitesses céda, je démarrais aussi bien en première qu’en cinquième, sans le moindre rechignement de cette belle monture. Cette souplesse du moteur est appréciable – et particulièrement appréciée lorsque nous avons quitté les interstates aux lignes droites interminables pour les petites routes de montagne. Virages, côtes, épingle à cheveux, la belle se joue de tout. Sur sa selle, le pilote jubile, en toute confiance, en pleine extase, d’autant que le spectacle que déroulent les paysages est de toute beauté. On touche alors le vrai bonheur. La Harley est un mythe justifié. Désormais, je rêve d’en posséder une.

Par Patrick - Publié dans : Bilan - Communauté : Harley-Davidson Trike
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Dimanche 20 septembre 2009 7 20 /09 /Sep /2009 06:39
Départ très tôt ; une fois de plus. Et la perspective d’entreprendre la dernière route ne soulève guère l’enthousiasme. Il fait, en outre, froid, à peine 5° et le soleil ne se lève qu'à peine. N'oublions pas que nous sommes à plus de 2200 mètres d'altitude. Nous reprenons la route parcourue la veille. Derniers regards sur ces magnifiques sculptures naturelles dont les formes me rappellent certains récifs coraliens par leurs élans et leur érection. Et nous replongeons sous le soleil rasant dans la vallée si belle de Glendale.
Arrêt à Mont-Carmel Junction, pour nous soulager de quelques vêtements et accessoirement de la vessie. Chouette, une petite épicerie fait des expressos. Nous nous ruons dessus. Visiblement, le taulier reçoit beaucoup d'européens. La confirmation ne tarde à arriver. Un, puis deux, puis au bout de quelques instants, 6 cars de touristes arrivent... On file aussitôt !
Nous quittons la 89 pour la 9. Aujourd'hui, dernier parc de notre périple, direction Zion : « Le refuge » en hébreu, mais je soupçonne plutôt un mormon d’avoir baptisé le lieu. Ils sont légions par ici, et tout autant religieux que les rabins, si ce n’est plus ! Nous suivons le cours de la rivière Virgin, dont le nom ne reflète pas l'ardeur qu'elle a mis à creuser une faille de 800 mètres de profondeur sur 24 km de long : Zion Canyon. Nous déboulons dans cette vallée dont le fond va peu à peu se transformer en une faille magistrale. Le relief composé de couches stratifiées de diverses roches, schiste, grès, calcaire, argile, produit des textures toutes en courbes que contredisent falaises, éboulis, failles et canyons.
Où que l'on tourne le regard, la palette des couleurs et des formes varie son jeu en mille mouvements. Des splendeurs naturelles que la lumière, l'eau et les pins ponderosa enrichissent... Malheureusement, la petite route du parc est prise d'assaut. Nous sommes dimanche. Tout le monde semble s'être donné rendez-vous ici !
Il est vrai que le parc est un refuge pour les habitants du désert qui enserre Las-Vegas et que nous devons affronter maintenant. Mais avant tout, arrêt déjeuner à Springdale. Une petite ville calme et verdoyante qui a su conserver une douceur et une bonhommie chaleureuse malgré le tourisme de masse qui la fait vivre. Nous décidons de nous offrir un burger, un vrai, celui de l'ouest sauvage (là, je m'emballe...)

Et bien, c'est pas si pire comme dirait ma fille, et en tout cas bien plus mangeable qu'un Mac Do. La viande est tendre et non carbonisée (exploit). Deux steaks hachés, l'un sur l'autre, chacun faisant bien ses 200 grammes, accompagnés de frites, des vraies ! D'ailleurs certaines avaient encore la peau sur le dos. Bref, un régal. Comme quoi, je ne suis pas si obtus que ça !
On a rendez-vous chez le loueur à 16 heures pour rendre nos machines. Il faut repartir. Le plus difficile reste à faire. C'est ici le réel terme de notre périple. Tout ce qui suit, relève de l'intendance. Indispensable bien entendu et pénible, moralement car c'est l'arrêt d'une expérience grandiose et physiquement car on va affronter l'interstate sous 40° ! On arrive sur la 15 un peu au sud de Cedar-City. Je me souviens que dans ce patelin paumé de l’Utah, Sam Shepard écrivit un soir de l’année 1980 ce poème

Les monts Wabach rougeoient dans la nuit
Bruits base-ball : les minimes sous les projecteurs géants

Les acclamations se répercutent sur le flanc de la montagne
Nous traversons le ruisseau à pied

Les peupliers bruissent doucement au dessus
Nous voyons le match d’où nous sommes

Des gamins qui chassent une balle
La rivière est glacée

Nous découvrons un pont artisanal
Des planches assemblées par des mômes

L’autre berge est sableuse
Des pierres lisses

La montagne domine cette ville
On le sent depuis la rivière


Sam Shepard est un écrivain avant d’être un acteur. Ce poème sans y paraître, est la représentation textuelle de cette impression lassante que laisse l’uniformité de la route en ces contrées. Le terme du voyage n’est peut-être pas aussi étranger à l’importance que je lui donne. Il avait été publié dans un recueil au titre merveilleux « Motel Chronicles ». En fait, de mortelles chroniques, par un écrivain seul le soir dans un motel perdu de l’Ouest américain. Plus loin à St. George, les guides proposent de visiter la cathédrale des Mormons. Je me moque éperdument  du culte de l'église des derniers saints. Je pense plutôt à celle qui se foutait tout autant de telles fadaises car nous longeons le théâtre des exploits d’une jeune femme qui, bien que hors la loi, a conservé une tendresse toute particulière dans l’imaginaire des habitants du coin.
Dans l'après-midi brûlante du 30 mai 1899, cachés dans l'ombre d'un rocher du Cane Springs Canyon, tout près d’ici, Pearl Hart et Joé Boot surveillent la passe. Pearl est vêtue d'une longue chemise de travail grise, tenue par un large ceinturon. Y est glissé un 38. Elle a des bottes au pied et un sombrero cache ses longs cheveux blonds. Elle a tout l'air d'un homme malgré sa petite taille. Lorsque la diligence apparaît, Joé se précipite pour maîtriser les chevaux, un colt 45 à la main, puis visant le cocher, lui intime l'ordre de lever les mains. Pearl a déjà ouvert la porte de la diligence et braque son révolver sur les passagers. Puis par des petits mouvements de la main, leur intime l'ordre de descendre. Elle évite de parler afin de cacher son sexe. Elle leur fait comprendre de vider leurs poches et ramasse près de 400 $. Les victimes raconteront plus tard, qu'elle restituera à chacun d'eux 1$ afin qu'ils puissent se loger et se nourrir le lendemain. L’affaire a été rondement menée. Pearl et Joé s’emparent de la carabine du cocher, sautent sur leur chevaux et s'enfuient vers les Mud Mountains. Las ! Ils avaient oublié d'étudier un plan de fuite sérieux et se perdent rapidement. Pire, ils laissent des traces. Un détachement de poursuivants sous le commandement d'un shérif qui connaît tout autant son affaire que la région est au bout de quelques jours sur leurs talons. Les braqueurs se font prendre une nuit, endormis près d'un feu de camp. Si Joé ne fait aucune difficulté pour se laisser entraver, Pearl au contraire se débat comme une tigresse relatera un article du Tuscon Citizen.
Pearl Hart est une belle jeune fille née en 1871 dans l'Ontario, brune aux yeux azur, petite, un mètre cinquante à peine, elle est séduite par un joueur de tripot à la réputation d'arnaqueur mais si beau parleur. Elle n’a alors que 16 ans et est pensionnaire dans une école religieuse. Elle réussit toutefois à s'enfuir avec lui. Du fait de son âge, elle est aussitôt recherchée par la police. Mais les épousailles des fugitifs y mirent un terme, temporairement... Courant de ville en ville, de combines en entourloupes, ils furent heureux pendant quelques temps. Mais l'époux s'avéra volage, alcoolique et parfois violent. Pearl supporta ces adversités ponctuées de séparations et de réconciliations, de douleurs, souvent physiques et de bonheur. Les naissances successives d'un garçon et d'une fille ne changèrent rien à la désagrégation du couple. La dérive itinérante du couple obligea Pearl à confier les bébés à sa mère.
En 1893, lors de la  World's Columbian Exposition de Chicago, Pearl rencontre un cow-boy du Wild West Show de Buffalo Bill. A la clôture de l'exposition, Pearl quitte son époux et saute avec son nouveau compagnon dans un train pour le Colorado. C'est l'époque de la ruée vers l'or. Des concessions s'ouvrent un peu partout, des villages naissent du jour au lendemain. Le nouveau couple se sépare. Pearl trouve un emploi de cuisinière dans la petite ville minière de Trinidad. A l'occasion, elle complète ses maigres revenus par des services à la personne plus intimes. Puis quand l'or fait défaut, elle change de villes, de concitoyens. Libre comme l'air, elle savoure son indépendance, repoussant toutes les limites, s'adonnant à l'alcool, à la morphine, fumant le cigare. Elle est l'égale de l'homme, jurant comme lui, et, si nécessaire, luttant contre lui. Lorsque les ressources minières s’étiolent, Pearl possède quelque argent de côté, mais plus de travail. Elle est dans la bourgade de Mammoth, lorsqu'elle reçoit une lettre de sa soeur lui annonçant que sa mère est au plus mal et qu'elle ferait bien de rappliquer si tant est qu'elle désire lui parler une dernière fois. Pearl n'a dès lors plus qu'une idée, réunir au plus vite suffisamment d'argent pour s'offrir un billet de train pour l'Ohio. Ses économies ne suffisent pas. Elle imagine divers plans avec son compagnon d'alors, le dénommé Joe Boot. Aucun n'est satisfaisant, et tout deux se résolurent finalement à braquer une diligence.
Ce sera le fiasco de Cane Springs Canyon
Pearl est incarcérée à la prison du comté de Pima, Joé à celle de Florence. Pearl acquiert alors une grande notoriété, dans le comté mais également bien au delà. Des journalistes de New-York font même le déplacement afin d'obtenir une photo ou une interview. Pearl est aux anges, d'autant qu'en devenant une célébrité, ses conditions de détention s'améliorent. Les notables locaux comprennent vite que la jeune femme présente de nombreux avantages pour le comté notamment en matière de communication... Par son charme, sa jeunesse, sa beauté et sa joie de vivre, elle propose un portrait tout à fait opposé à celui des habituels truands de grands chemins. Toutefois, Pearl redoute quelque peu l’affrontement avec la justice, d'autant qu'elle espère encore pouvoir retrouver sa mère. Aussi, séduit-elle un des prisonniers dont la bonne conduite lui a donné quelques privilèges et avec son aide, réussit à s'échapper.  Elle n'ira pas loin et est reprise au bout de quelques jours. Sa notoriété pouvait être, dans certaines circonstances, un handicap.

Lors de son procès, où elle doit répondre de vols, elle joue sur la séduction des jurés, invoquant sa position de femme seule dans une société d'hommes, tentant d'acquérir un peu de pitié en rappelant que le mobile du crime est un retour au chevet de sa mère mourante... et ça marche ! Les jurés la déclarent innocente. Le juge est, quant à lui, furieux. Il trouve la parade en portant l'accusation sur la menace d’une arme à feu sur les victimes. Rien ne peut dès lors y faire. Elle est condamnée à  cinq années d'incarcération à la prison territoriale de Yuma. Elle s'en tire bien, Joé de son côté est condamné à 30 ans de prison, qu’il n’effectuera pas du reste, s’échappant quelques mois plus tard et disparaissant à jamais.
Pearl également ne passera que quelques mois en cellule, un cachot de 2,5 mètres sur 3 creusé dans la roche ; la prison est construite sur le flan d’une colline. Elle est en effet libérée sur parole pour grossesse car, profitant de sa notoriété, elle menace de faire un scandale. Il est vrai que les seuls hommes qui l’ont approchée sont ceux qui travaillent dans l’enceinte de la prison ou quelques membres des autorités locales ainsi que le gouverneur et le pasteur. Plutôt qu’un scandale politique, autant qu’elle disparaisse. Sa peine est donc commuée en bannissement de l’état de l’Arizona. Le plus drôle de l’affaire est qu’il est probable que l’enfant attendu n’était qu’une simulation. Toujours est-il qu’elle rejoint à nouveau la troupe de Buffalo Bill chez qui elle jouera son propre rôle d’outlaw.
Elle s’installe en 1904 à Kansas-City, où elle sera de nouveau arrêtée. Sous la couverture d’un honorable commerce de tabac, elle est soupçonnée de diriger une bande de pickpocket. La charge ne tiendra pas. Il est temps pour elle de songer au repos de la guerrière. Les chroniques des faits divers l’oublient. Le temps passe et près de 40 ans plus tard, il est avéré qu’elle est mariée avec un propriétaire de ranch du Côté de Globe, au sud de Flagstaff. Elle était donc revenue en Arizona ! Elle décédera en 1960 et sera enterrée en toute discrétion, à côté de son mari dans un cimetière de Hayden, une bourgade du coin.
Qui était Pearl Hart ? Et qui peut affirmer avoir connu sa véritable personnalité ? Femme sentimentale, catin rusée, féministe fumant le cigare, hors-la-loi réputée pour avoir réussi la dernière attaque de diligence de l’Ouest, mythomane ou conteuse d'histoire talentueuse ? Peut-être tout cela à la fois ? Quoiqu'il en soit, sûrement une personnalité complexe et attachante et qui plus est, femme d'une rare beauté. Une chose est certaine, passionnée à  un point telle qu'elle ne pouvait concevoir quelque prudence, sa vie aventureuse la fit connaître tout autant pour ses crimes que pour son rejet des mœurs sociales de l'époque.

Nous nous arrêtons fréquemment car la chaleur est difficilement supportable. Même l'air qui envahit tout, à moto, est brulant. On se demande comment les motos tiennent. Le pire est lorsque les énormes camions nous dépassent, bien au delà  de la vitesse règlementée, nous balançant des claques d'air brulant et vicié ! Quand je pense que l'on a commencé notre périple sous des déluges d'eau et que l'on termine par la sècheresse et le soleil de plomb, ce voyage est bien plus qu'une initiation. Il est notamment pour Aimcy, qui montait pour la première fois sur une moto,  un saisissant raccourci sur la vie du motard.
Aldo Leopold, dans « Almanach d'un comté des sables » définit son éthique environnementale par ces mots auxquels je tente de souscrire, jour après jour : « une action est juste, quand elle a pour but de préserver l'intégrité, la stabilité et la beauté de la communauté biotique. Elle est répréhensible quand elle a un autre but. ». En quittant le désert pour nous diriger vers Végas, je me rends compte du reniement exercé. Je file tout droit vers un monde factice où la nature humaine se réduit au consumériste ; absurdité d'une ville dont l'existence repose sur le  gaspillage de l'eau et de l'énergie dans l'irrespect le plus total d'une nature vouée au dénuement. Ineptie mégalomane de le folie humaine qui s'obstine à bâtir sur le superflu et l'aléatoire du jeu et du fictif. Et dire que ces lieux symbolisent le rêve d'une majorité, aux pieds des merveilles naturelles que l'on vient de quitter
Je n'ai pas envie de parler de Vegas. On y rend les motos, et c'est un vrai déchirement. Je suis vanné ! Je n'ai qu'une envie, dormir un peu. L'hôtel est une folie, les gens qui y sont ne m'intéressent pas. D'ailleurs, je ne les intéresse pas non plus. La seule chose qui a quelque importance peur eux est cette vitre où défile, numéros, symboles et couleurs sous une chappe de bruits.

Autant vous laisser là. Je suis dégoûté, et ne veut pas terminer par un autre mot que celui que m'inspirent les parc américains :
grandiose
Par Patrick - Publié dans : Chautauqua - Communauté : Harley-Davidson Trike
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